Il fut un temps où, du haut de nos 12 ans, au sortir des primaires, quand quelqu’un nous demandait: « où tu vas l’année prochaine ? », nous clamions haut et fort le nom de l’établissement où nous serions inscrits et ce avant même d’avoir poussé la porte…
Il y a 10-15 ans, la folie des inscriptions en crêche avant même d’avoir conçu un enfant a débuté. A cette époque, nous avons plaisanté sur l’éventuelle inscription des bébés de 3 mois à l’université…
Et maintenant… nous subissons chaque année une multitude de revirements de situations digne d’un film de science-fiction. Je ne remets pas en cause les inégalités passées quant aux inscriptions dans certains établissements, et je trouve évident de devoir combler les fossés, mais j’ai le sentiment que tout a toujours été fait dans la hâte, jamais vraiment bien et surtout sans tenir compte de la majorité d’écoles où il n’y avait aucun problème… Les directeurs et préfets d’école n’ont en effet pas le droit de véto concernant l’inscription ou non d’un élève et le décret « mixité » est à mon avis une très bonne chose pour l’ensemble des futurs étudiants mais….
Après avoir tenté le plan « ex baba-cools » genre: on dort dans la rue et « quand j’étais jeune j’étais le premier à avoir des places de concert », qui n’a engendré que des parents cernés et des enfants pas du tout concernés…
Après avoir tenté la « roue de la fortune » genre: « Je l’inscris moi-même la petiote, j’ai toujours eu du bol au Subito », ce qui n’a engendré que des frustrés du lotto et des enfants sûrs de leur chance dans la vie…
Nous essayons cette année le plan de « celui qui gagne est celui qui habite le plus près de l’école »… Qu’est ce que ça va donner ???
Des écoles ghettos… On vit, on consomme, on éduque, on travaille, on se divertit dans le même endroit… On peut même mettre des grandes barrières tant que le quartier est protégé…
Mon cas est particulier, c’est vrai, quoique je suis sûre que dans ce pays il y ait une multitude de personnes dans le même cas que moi et qui se sentent mal de devoir exprimer leur malaise… Tout le monde ne vit pas dans une famille nucléaire idéale, papa-maman-2enfants-chien, et ce nouveau décret « proximité » me heurte !
Il demande aux parents de choisir une école pour leur enfant qui soit à proximité de leur domicile… Lequel ?
Dans mon cas, nous avons choisi, mon ex-compagnon et moi-même, une école proche de l’école primaire de notre fils et qui soit entre nos deux domiciles. Il est fort probable qu’il n’ait pas le droit d’y aller sous prétexte qu’aucun des deux domiciles n’est à moins de 4 Kms de l’établissement. On ne tient en compte qu’une seule adresse… J’aimerais tout de même qu’une étude soit faite pour qu’on puisse évaluer le nombre de ménages belges qui ont choisi le régime de la garde alternée… Comment peut-on exiger le choix de proximité tout en imposant à un enfant qu’une semaine sur deux il doive se taper 1 heure de route…et ce dans mon cas, dans Bruxelles.
Ben oui on peut l’exiger sous prétexte écologique, dépensons moins d’énergie…
Sauf que, j’ai pas le permis et depuis qu’il est tout petit, mon fils se déplace en transport en commun, contrairement à certains de ses amis qui vivent à deux pas de l’école et qui sont déposés en voiture…. Alors j’ai la haine…. Et non mixte !
Il n’y a plus de décret « mixité », on est revenu au point départ et sans que les directeurs et préfets aient à se mouiller… T’habites Woluwé, tu es scolarisé à Woluwé, T’habites Molenbeek, tu es scolarisé à Molenbeek…
En gros, la masse est rassurée, il n’y a plus le risque de la loterie maintenant il suffit de bien « habiter » mais moi je suis fâchée, j’en viens à me dire que je préférais quand le directeur d’école émettait son avis au moins il y avait un humain derrière tout cela et pas mappy.be….
Je suis fâchée sur le système que tout le monde à l’air d’approuver et je pense que mon fils, tiraillé entre la place Bockstael et la place Wiener va un jour trouver sa place peut-être sans ses amis mais avec ses parents, qui, en dehors du fait qu’ils soient séparés et qu’ils ne vivent pas dans la même commune l’aiment plus que tout !